Logement
La dispersion de l'habitat
Les nombreux obstacles à la construction de logements à Genève ont beaucoup contribué à l'actuelle "californisation" de la région franco-valdo-genevoise, à savoir une dispersion des lieux de résidence, désormais étalés sur de grandes distances, diminuant d'autant l'attrait des transports publics pour les trajets quotidiens travail-domicile. |
| Membre de la Chambre genevoise immobilière, Ashwani Singh totalise plus de dix ans d'expérience en tant qu'administrateur d'une des plus importantes PPE du canton, située dans un complexe immobilier regroupant 420 appartements. Il est également membre fondateur et président d'une association de quartier du centre urbain de Thônex. (v. http://www.residence-apollo.ch) |
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Pour 14.000 logements à PAV!
Signez la pétition en ligne en cliquant ici.
Dénonçons ceux qui bloquent depuis des années le développement de Genève en entretenant, notamment, la pénurie de logements. Les signataires demandent au Grand Conseil de considérer la construction de 14’000 logements dans le quartier Praille Acacias Vernets comme une priorité majeure. |
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Construire "concentré" et non "dispersé"
Or si l'on ne peut pas défaire ce qui est fait, mettons tout en œuvre pour lever les obstacles à la construction d'appartements en ville et dans la couronne périurbaine, ainsi que plus généralement d'immeubles et de villas dans notre canton, afin que les personnes qui souhaitent s'y loger le puissent. En ville, la loi 10088 récemment ratifiée par le peuple permettant la surélévation des immeubles est bien sûr une mesure allant dans le bon sens. Saluons aussi le projet PAV (Praille-Acacias-Vernets) car il faut avant tout "construire la ville en ville". |
Quant aux projets PACA Bernex ou PAC-MICA (Mon Idée Communaux d'Ambilly), il faut que ces nouveaux quartiers accueillent également des activités économiques afin de ne pas être réduits à des dortoirs et surtout, qu'ils fassent l'objet de mesures d'accompagnement efficaces en matière d'aménagement de la mobilité, tant en ce qui concerne les transports publics que le trafic automobile. Ceci est d'autant plus vrai pour le PAC-MICA, particulièrement mal desservi et mal relié au reste de la Suisse, comme l'est d'ailleurs l'ensemble du secteur d'Arve-et-Lac.
Le déclassement sélectif de zones agricoles ne doit plus être un sujet tabou
Une zone agricole occupant près de la moitié de la superficie du canton est-elle encore justifiée? Bien sûr, ne touchons pas au vignoble que nous aimons tant! Essayons aussi de préserver les exploitations maraîchères et les vergers, afin de privilégier les produits frais cultivés dans la région. Mais sachant qu'il y a ici et là des zones en friche et que certains agriculteurs cesseraient peut-être volontiers leur activité, un assouplissement de la classification de la zone agricole pourraît être envisagée, à commercer par les parcelles situées dans les régions périurbaines à proximité des accès au rail ou à l'autoroute de contournement, dont on pourrait faire meilleur usage. Commençons au moins à y réfléchir. [retour au haut de la page]
Cessons de stigmatiser
les grands ensembles !
Pour un nombre de logements donné, ils offrent moins d'emprise au sol et permettant plus d'espaces publics. Ils sont aussi moins gourmands en énergie et se prêtent bien à l'installation de panneaux solaires sur le toit. Certains veulent nous faire croire que les grands immeubles sont des foyers de délinquance et d'insécurité. Habitant moi-même un grand complexe de 17 étages, je puis affirmer que ce n'est certainement pas le cas chez moi et donc pas obligatoirement vrai ailleurs. Assouplissons les normes qui empêchent de construire haut en pleine zone urbaine. La vie dans les grands ensembles peut être agréable, les habitants du Lignon nous le disent. Ceux de la Résidence Apollo à Thônex aussi.
(à droite: complexe "Résidence Apollo") |

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"Mixité" et "Mixité"
En effet, les grands ensembles bâtis ne sont pas en soi des foyers d'insécurité, mais les personnes qui y habitent, parfois qui y ont été logées contre le gré des autres habitants. Si, dans ces nouveaux quartiers, on ne peut qu'être favorable à une mixité entre le logement et les activités économiques, on peut sérieusement se poser la question en ce qui concerne la "mixité" qui consiste à imposer, aux habitants d'un même quartier et parfois d'un même immeuble, une mixité sociale au moyen d'une réglementation des proportions de logements d'utilité publique ("LUP") dans les zones de développement. La terminologie et les définitions ont certes changé ces dernières années et la réglementation a été quelque peu assouplie au terme de ce que l'on peut imaginer avoir été d'âpres négociations entre les milieux immobiliers, le DCTI et les associations de défense des locataires. Or si l'accord a le mérite d'exister et s'il reste meilleur que la situation antérieure, il faudra aller plus loin dans l'assouplissement. Il faut notamment être en mesure de répondre à une demande pour des appartements de standing de la part de personnes qui autrement iraient se loger en maison individuelle, y compris en France voisine ou dans le Canton de Vaud.
La Propriété Par Etages (PPE), une réponse idéale?
Cette mixité "imposée" s'avèrera probablement inutile sur la durée car fondée sur de fausses prémisses. En effet, elle semble se faire largement d'elle-même sans ingérence ni réglementation. Certains prétendraient que la PPE est réservée à une strate sociale moyenne-supérieure. C'est faux. J'habite une copropriété qui fait partie d'un groupe d'immeubles comprenant 420 appartements allant du deux-pièces au six-pièces, situés dans des étages bas ou élevés, plus ou moins bien exposés et dont les prix actuels varient d'un facteur de un à six ou sept. Ils sont occupés par des familles et des personnes seules, des jeunes, des moins jeunes et des retraités, tout milieu social confondu. L'ensemble est régulièrement entretenu et rénové, les gens se connaissement pour la plupart et les déprédations sont minimes: c'est après tout leur bien! Un quart environ des logements sont loués, appartenant à des copropriétaires qui vivent ailleurs, fait qui constitue un facteur supplémentaire de mixité. La PPE se trouve aujourd'hui serrée dans un carcan: il faut la libérer!
Simplifions, accélérons!
Une grande partie des problèmes de logement sont dus à une sur-règlementation qui est devenue étouffante au point où les promoteurs n'ont plus intérêt à construire, une usine à gaz de mesures et de demi-mesures souvent inutiles, parfois incohérentes, pouvant même s'avérer contradictoires. A cela s'ajoute une administration souvent tatillonne et des procédures longues. Or même si l'on observe une certaine amélioration depuis peu, beaucoup reste encore à faire pour libérer les énergies de ceux qui ne demandent qu'à construire et à développer Genève. Une partie de ces problèmes sont certainement dus à la dispersion des services compétents entre deux Départements, à savoir de DCTI et le Département du territoire. Pour ma part, je n'ai pas de baguette magique et ne prétends pas avoir de solution miracle, mais m'engage à analyser de près les causes des lenteurs et des lourdeurs. En attendant, on me trouvera toujours du côté de ceux qui veulent simplifier et accélérer les procédures afin que Genève puisse enfin construire les logements dont elle a tant besoin.
Halte à la subventionnite!
Sans doute nombreux sont les les Genevois qui veulent habiter dans des logements subventionnés et bon marché. J'ai, pour eux, le message suivant: "Sachez qu'une grande partie de la chèreté actuelle est due à la pénurie: attaquons-nous ensemble aux causes de cette pénurie, dénonçons ensemble les groupements qui freinent la construction puis, par le jeu de l'offre et de la demande, les prix s'adapteront; pour ce qui est des subventions, elles doivent servir avant tout aux cas isolés de personnes en grande difficulté".
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